BRUNO DARAQUY
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LES ABSINTHES
Son album : "Les Absinthes" (musique et orchestration Jacques Ivan Duchesne) est disponible chez EDITO MUSIQUES - 33, av. Ph.Auguste - 75011 - PARIS ou chez PUBLICO - Librairie du Monde Libertaire

            
L'Ecole                                L'Enfermée


Ce n'est pas un hasard si Bruno Daraquy a, lui, choisi de faire redécouvrir les chansons de Gaston Couté. Certes, d'autres l'ont chanté : Claude Antonini , Jacques Florencie, Gérard Pierron... Chacune et chacun selon sa sensibilité propre. Mais le propos du poète paysan demeure, plus actuel que jamais à l'heure de la mondialisation. Voilà pourquoi Bruno Daraquy a décidé de reprendre les Chansons d'un gâs qu'a mal tourné, un spectacle dont il proposait une première version - au singulier - dès 1983.
Aujourd'hui en Périgord , Bruno Daraquy n'est donc pas un petit nouveau qui débarque. Il chante, se produit en seul en scène dans Les enfantillages de Raymond Cousse (1986),joue la comédie avec le Théâtre de la Vache Cruelle (c'était avant la folle) dans L'école des femmes de Molière (1986) et La terre est à nous de Robert Poudérou (1989), dirige un atelier théâtre au Lycée agricole de Périgueux, crée des éclairages pour un récital de Paco Ibanez (1989), tourne en récital. Avec La plus bath des javas (1990), où il chante Ferré, La butte rouge de Monthéus, Jean Boyer, Un jour tu verras de Mouloudji, L'accordéoniste de Michel Émer, Gainsbourg, Rouzaud-Monnot, Georgius (l'auteur de La plus bath des javas), Bruant, Aragon, Le temps des cerises de Jean-Baptiste Clément, Sylvie Lafleur (qui assure la mise en scène du spectacle), Baudelaire... Et Un jour tu verras (1995) avant de revenir à Gaston Couté à l'aube de l'an 2000.
Né en 1880 à Beaugency dans le Loiret, Gaston Couté fut, entre 1902 et 1910, l'un des plus importants poètes chansonniers de Montmartre, dénonçant, avec verve, le sourire aux lèvres pourtant, les travers de notre monde, l'hypocrisie et l'injustice sociales. Sans oublier jamais son terroir, avec ses mots truculents et ses tournures particulières, puis la splendeur de la nature, la terre, les foins, les labours, les emblavures, les vergers et les bois, la vigne et le vin qu'il a célébrés avec ferveur. Antimilitariste convaincu, il a senti venir la grande boucherie de 14-18, mais ne l'aura pas vue ni vécue puisqu'il est mort en 1911, à trente et un ans... Grâces soient rendues à Bruno Daraquy de nous restituer la pertinence de ce propos.
En scène, tout de noir vêtu, l'œil et le poil tout aussi noirs, Daraquy a pris le parti de la sobriété : il est au service des textes et chansons de Couté, non l'inverse. Il les a intériorisés comme si cette parole libertaire était la sienne.
De cette intériorisation et de cette sobriété, elle renaît, plus forte, éminemment d'aujourd'hui, pour s'imposer comme la seule réponse possible face à la "macdonalisation" qui menace : un goût de liberté qui aurait saveurs de terroir.
Sur des musiques portées par un même esprit. Et si Jacques-Ivan Duchesne y est parvenu sans avoir écouté ce que d'autres avaient pu composer sur les textes de Couté, sa démarche musicale, toute en juste finesse, rejoint, au delà de la mort, celle du regretté Jacques Florencie dont les allures de bûcheron dissimulaient une intense tendresse. Le spectacle nous revient pour deux soirées que ne manqueront pas ceux qui désirent respirer encore un air de liberté.
Francis Chenot


Bruno Daraquy, avec son nom basque, né à Louviers, partit un jour vivre à Périgueux, c'est là que nous le découvrons en 83 dans un récital sur Gaston Couté "la chanson d'un gâs qu'a mal tourné". Nous le retrouvons en 86 dons un one mon show de Raymond Cousse "Enfantillage", puis toujours comme comédien avec le théâtre de la Vache Cruelle dans "L'école des femmes" de Molière puis dans "La terre est à nous" de Robert Poudérou. En 90 il crée un récital intitulé "La plus bath des javas" et c'est "Un jour tu verras" panaché de chansons anciennes et modernes qu'il présente pour la première fois à Paris au Théâtre de la Mainate en février 95.
Avec un côté mauvais garçon et un talent comédien chanteur Bruno Daraquy interprète aussi bien des chansons de Ferré, Gainsbourg, Higelin, Mouloudgi que de Monthéus, Jean Baptiste Clément, Jean Boyer ou encore celles de Sylvie Lafleur qui lui compose un bouquet de chansons réalisant en même temps la mise en scène.
Jouant sur la corde sensible de l'amour avec la folie obsessionnelle d'une interprétation théâtrale mise au service de Ia chanson de qualité, ils nous emmène à bride abattue sur un chemin où fleurissent quelques fleurs du mal chères à Baudelaire.
"Drapé dans son manteau bleu nuit, Bruno Daraquy, avec son regard un peu fou me faisant penser à Jean-Louis Barrault de la symphonie inachevée captive son auditoire au théâtre de la Mainate.., le poids des mots, la force du comédien, de drôles d'intonations et un sens de la scène développé... excellent accompagnement musical de Claude Lapouge au clavier et à la guitare, le musicien donne le ton et le bon en soulignant de ces accords des textes qui n'ont pris aucune ride."
Bruno Daraquy s'affirme de plus en plus comme un artiste à suivre...
On se laisse absorber et emporter dans le flot du verbe et l'impétuosité du geste...
Spectacle assurément rare, présenté par un artiste de talent...
Jacques Roussel - Fréquence Paris Plurielle